Avec Pierre Mankowski : dans l'intimité des U 20 Bleus

Pierre Mankowski a raconté à une centaine d'éducateurs son parcours avec l'équipe de France U20 lors de la Coupe du monde en Turquie. Sa conférence, proposée par l'amicale des éducateurs Drôme Ardèche, a permis de vivre de l'intérieur cette belle aventure jusqu'au sacre mondial du 13 juillet dernier.

Les participants ont pu ainsi partager la vie des Pogba, Thauvin, Digne, Sanogo et consorts. "C'est une génération exceptionnelle, très talentueuse avec de bonnes valeurs morales. J'ai travaillé pendant trois ans avec la plupart d'entre eux. Durant tout ce cycle nous n'avons cessé de leur répéter ces valeurs, nous avons été vigilants et n'avons rien lâché (interdiction de casque en public, pas de casquette à table etc...). Il ne faut pas oublier que tous ces joueurs, ou presque, sont titulaires en Ligue 1 ou dans certains championnats étrangers. Ce sont des compétiteurs nés, cela s'est vu dans les jeux à l'entraînement mais aussi lors des tournois à la Playstation. Il y avait entre eux une grande confiance".

De même Pierre Mankoswki s'est appuyé sur son expérience antérieure (N.D.L.R. : il était l'adjoint de Domenech en 2006) pour préparer au mieux ce Mondial. "Vivre ensemble durant 41 jours, du matin au soir, ce fut très long. On savait qu'il y aurait des moments difficiles. Dans les compétitions jeunes on change de ville à chaque match. Cela a évité la routine et nous a permis de s'ouvrir aux autres sélections qui voyageaient avec nous et vivaient dans les mêmes hôtels. On a aussi organisé des sorties, on a essayé d'éviter les longues pauses à l'hôtel. Les lendemains de match, il n'y avait pas de décrassage, mais de la piscine. Les remplaçants, eux, s'entraînaient, avec le staff".

 Sur le plan tactique le sélectionneur tricolore avait son choix les Français ont évolué en 4-2-3-1 un schéma utilisé lors de la préparation. "On ne s'est jamais adapté à l'adversaire, on s'est concentré sur nos qualités et défauts. On a insisté sur notre jeu sans jamais se soucier de l'opposition. On savait qu'en cas de difficultés dans le jeu, on pouvait s'appuyer sur notre physique pour faire la différence".

Concernant la compétition la France l'a bien négociée en remportant son 1er match face au Ghana, en finissant 2e de son groupe ce qui lui a offert un tableau final plus abordable.

"D'entrée, on s'est dit qu'on y allait pour gagner. On n'allait pas le dire tout haut, car c'était trop prétentieux. On l'a gardé pour nous et on se l'est répété".

Après un 8e de finale chaud face aux Turcs, un ¼ de finale relativement aisé face à l'Ouzbékisan, les jeunes tricolores ont su résister au Ghana en ½ finale et à l'Uruguay en finale (Victoire 4 à 1 aux penalties).

"Ce titre c'est une récompense de la formation française, c'est celui de tous les éducateurs de France. Car avant moi ces joueurs sont passés entre leurs mains. C'est aussi une excellente réponse aux histoires du football français. Dans ce groupe, les joueurs viennent de tout horizon, j'en ai régulièrement au téléphone, j'en croise aussi. Et tout ce que nous avons vécu ensemble est marqué en nous à tout jamais".

 

Confidences sur le groupe

Paul Pogba a été le leader, un relais dans l'équipe, Samuel Umtiti a été un patron, Lucas Digne a apporté par son expérience, Geoffrey Kondogbia était le chambreur, Yaya Sanogo fut le référent religieux en période de ramadan.

 

En direct de la sélection

- "La virée nocturne des Espoirs et leur élimination en barrage ont provoqué une préparation complètement différente. Au lieu d'affronter des U20, on s'est retrouvé à jouer des adversaires plus âgés et de qualité" - "On a eu le droit de vivre dans le château. On a fait surtout de la préparation avec ballon, en intégrant un peu de physique".
- "Le rôle des remplaçants fut notamment primordial. Dès le début certains savaient qu'ils ne joueraient pas et ils ont eu un comportement exemplaire".
- "On a voyagé et vécu ensemble avec l'Ouzbékisan avant notre ¼ de finale. La différence entre les deux sélections était notable. C'était les iPads de notre côté contre des lecteurs K7 de l'autre ».
- "Avec le staff, avant la finale, nous avons désigné les 5 tireurs de penalties. Finalement, les 3 premiers ont refusé. Il restait Pogba et Sanogo. Trois autres ont demandé de tirer. Mankoswski reconnaît s'être dit "vous êtes sûrs de vouloir y aller" (N.D.L.R. : ils ont eu raison et la France a gagné 4 à 1 face à l'Uruguay)"
- "Avant la finale, j'avais décidé de leur accorder quartier libre histoire et quel que soit le résultat qu'ils décompressent, et parce qu'ils ont 20 ans. Mais finalement, ils ne sont pas sortis et sont restés ensemble.
 
Pierre
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