Les bons tuyaux du DTN

Les bons tuyaux du DTN

 

"Si vous avez retenu une ou deux choses de ma conférence, c’est déjà bien" a lâché Gérard Houllier en fin de matinée samedi dernier à Guilherand-Granges. Le Directeur Technique National (DTN) face aux éducateurs de la Drôme a durant plus de deux heures distillé avec précision, conviction mais aussi avec humour, son message. L’ancien entraîneur notamment de Liverpool et de Lyon a confié que son essence à lui était les « 3P » : Plaisir, Progrès et Performance. La première partie de son intervention fut technique, les hommes et femmes de terrain présents dans la salle ardéchoise ont apprécié. Gérard Houllier en a profité pour leur distiller quelques conseils «les équipes qui s’imposent sont celles qui vont vers l’avant. Il faut habituer les joueurs à réagir vite, et chez les jeunes, il faut donner rapidement le réflexe du jeu à trois... Un entraîneur doit se remettre en question et quel que soit le niveau où  il évolue c’est un éducateur. Il doit autoriser l’échec et créer un climat au sein de sa formation afin que ses joueurs prennent des risques ».

Il a rajouté «l’entraîneur doit être proche, et faire preuve de disponibilité. Il doit savoir notamment animer et anticiper et c’est impossible de gagner avec des joueurs égoïstes et qui s’en foutent ». Souvent Gérard Houllier a agrémenté ses propos par diverses situations vécues tout au long de sa longue carrière. «J’ai la chance de faire un métier basé sur une passion ». Et celle-ci tout comme son énorme expérience il la partage volontiers. Ainsi son allocution dans sa seconde partie fut axée sur la communication, le management d’une équipe ou des hommes. «Nous ne sommes pas une nation où l’on positive, et nous devons faire attention, en plus, de ne pas banaliser ce qui a été accompli. L’entraîneur se doit de blâmer une action mais pas son auteur, de même, il doit veiller à ne pas laisser s’installer un sentiment d’injustice. Une équipe pour réussir doit avoir un chef, il faut de l’autorité mais refuser la dictature ». Il a aussi avoué « croire beaucoup au rire, à l’humour car c’est une arme énorme par rapport au  stress. Par contre, et il m’a fallu du temps pour le comprendre, il faut se méfier des grincheux dans un groupe. En cas de changement il faut les expliquer, et après faire preuve de patience et être indulgent. Mais une chose est sur il faut toujours garder l’esprit d’équipe, se souvenir que si l’on reste, que l’on agit ensemble, on est plus fort. La confiance est une arme magique tant sur le plan individuel que collectif ».